L’application fréquente de vernis à ongles amène à utiliser régulièrement des dissolvants. Toutefois, ces produits sont souvent pointés du doigt et accusés d'altérer la structure des ongles. Fait réel ou simple idée reçue ? Apprenez-en plus en poursuivant votre lecture.

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- Le dissolvant fragilise les ongles, vrai ou faux ?
Le dissolvant fragilise les ongles, vrai ou faux ?
- Est-ce que le dissolvant abîme les ongles ?
- Comment préserver les ongles en utilisant du dissolvant ?
- Sources
Est-ce que le dissolvant abîme les ongles ?
Après avoir retiré un vernis à ongles à l'aide d'un dissolvant, on a souvent le sentiment que les ongles sont plus secs, plus ternes et plus cassants. Ce n'est pas uniquement une impression : les dissolvants ont en effet tendance à fragiliser les ongles. Ces derniers sont principalement composés de kératine, une protéine fibreuse qui leur confère leur solidité. Cependant, ils contiennent aussi une certaine proportion de lipides et d'eau, indispensables pour maintenir leur souplesse et éviter que les ongles se dédoublent ou se cassent. Lorsqu'un dissolvant est appliqué sur les ongles, il agit non seulement sur le vernis pour décomposer et retirer les pigments, mais aussi sur les constituants de l'ongle, particulièrement l'eau et les lipides, qu'il a tendance à dissoudre. Cela altère la barrière de l'ongle et le rend plus fragile.
Les dissolvants les plus décriés à ce sujet sont ceux contenant de l'acétone. L'acétone est un solvant fréquemment retrouvé dans les dissolvants car très efficace pour éliminer rapidement les pigments et les polymères du vernis. Cette efficacité lui vient de sa nature lipophile, c'est-à-dire de sa capacité à attirer à elle et à retenir les composés lipidiques. L'acétone ne dissout donc pas uniquement le vernis à ongles mais élimine également très facilement les lipides présents dans la couche cornée de l'ongle, rendant ce dernier sec et fragile. Une étude s'est récemment intéressée aux effets sur les ongles de dissolvants contenant différentes concentrations d'acétone. En l'absence d'acétone, du carbonate de propylène, un solvant également capable de retirer le vernis, a été utilisé. Plusieurs mesures ont été effectuées avant et après l'utilisation des dissolvants et une perte de rugosité et d'hydratation a été constatée lorsque les vernis contenaient de l'acétone. Cette diminution était d'autant plus importante que la concentration en acétone était élevée, comme le montre le tableau ci-dessous.
Critère évalué | Dissolvant à 0% d'acétone | Dissolvant à 5% d'acétone | Dissolvant à 100% d'acétone |
---|---|---|---|
Rugosité des ongles | 37,44 ± 8,82 (avant) ; 37,34 ± 4,31 (après) | 37,66 ± 5,90 (avant) ; 35,09 ± 6,10 (après) | 37,50 ± 5,64 (avant) ; 28,09 ± 5,50 (après) |
Teneur en eau des ongles | 1,024 ± 0,267 (avant) ; 1,001 ± 0,267 (après) | 0,960 ± 0,291 (avant) ; 0,753 ± 0,284 (après) | 1,021 ± 0,268 (avant) ; 0,735 ± 0,236 (après) |
Perte d'eau transépidermique (TEWL) des ongles | 15,12 ± 4,34 (avant) ; 16,03 ± 3,59 (après) | 15,10 ± 3,66 (avant) ; 17,41 ± 3,06 (après) | 15,59 ± 2,51 (avant) ; 18,30 ± 2,94 (après) |
Il semblerait que les dissolvants à l’acétone soient les principaux responsables de la fragilisation des ongles.
En effet, d'après l'étude, le dissolvant sans acétone n'a pas impacté l'hydratation des ongles, ni leur rugosité. Il a en revanche été légèrement moins efficace pour éliminer le vernis, comme le montrent les photos ci-après. Celles-ci ont été prises avec trois participantes 5, 10, 15 et 20 minutes après l'utilisation du dissolvant. Toutefois, même si cela a été plus long, le dissolvant sans acétone a tout de même permis d'éliminer complètement le vernis à ongles.

Faut-il bannir pour autant les dissolvants à l'acétone ? Cela n'est pas si simple. Les alternatives existant aujourd'hui sont certes moins agressives pour les lipides des ongles mais ils ne sont pas pour autant complètement inoffensifs. Dans l'expérience menée ci-dessus, les dissolvants ont été appliqués sans frotter, c'est pourquoi ils ont été aussi longs à dissoudre le vernis à ongles. En pratique, lorsqu'on utilise un dissolvant, on a tendance à frotter légèrement pour faciliter le retrait des pigments. Les dissolvants sans acétone étant souvent moins efficaces, il est parfois nécessaire de gratter plus longtemps pour enlever le vernis, ce qui peut fragiliser mécaniquement la surface de l’ongle.
Comment préserver les ongles en utilisant du dissolvant ?
Plutôt que d'arrêter d'utiliser des dissolvants, il est préférable d’adopter quelques bonnes pratiques pour minimiser leur impact sur les ongles. La première est d'hydrater et de nourrir les ongles immédiatement après. Vous pouvez pour cela utiliser un sérum spécialement conçu pour les ongles ou bien une huile végétale, comme l'huile d'abricot ou l'huile de sésame. En plus d'apporter des lipides aux ongles, ces dernières permettent de faire briller leur surface.
Il est également recommandé d’espacer les applications de dissolvant autant que possible. Idéalement, son utilisation ne devrait pas dépasser une fois par semaine. Il en va de même pour la pose de vernis à ongles. Les professionnels de l'esthétique déconseillent en effet d'enchaîner les manucures. Pour ne pas fragiliser les ongles, il est généralement recommandé d'attendre environ deux semaines entre la pose de deux vernis, en particulier s'il s'agit de vernis semi-permanent. Enfin, lorsque vous appliquez le dissolvant, évitez de frotter vigoureusement pour ne pas altérer l'ongle. Afin de préserver son intégrité structurelle, mieux vaut laisser poser quelques secondes un coton imbibé de dissolvant sur l'ongle avant de l'essuyer doucement à l'aide d'un tissu propre.
Sources
LI S. H. & al. Effect of Gel Nail Remover Liquid on Nail According to Acetone Concentration. Journal of the Korean Applied Science and Technology (2019).
ADHIKARI N. & al. An Overview on Common Organic Solvents and Their Toxicity. Journal of Pharmaceutical Research International (2019).
SINGAL A. & al. Nail cosmetics: What a dermatologist should know! Indian Journal of Dermatology, Venereology and Leprology (2023).
GROVER C. & al. Adverse effects of nail cosmetics and how to prevent them. CosmoDerma (2024).
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