Pratiques et esthétiques, les vernis à ongles sont des produits fréquemment utilisés pour apporter un peu de fantaisie ou d'élégance à ses mains. Néanmoins, ils suscitent aussi des inquiétudes et sont suspectés d'être dangereux pour la peau, les ongles et la santé de façon générale. Les vernis à ongles sont-ils réellement dangereux ? Explorons ensemble cette question.

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- Existe-t-il des dangers liés à l’utilisation de vernis à ongles ?
Existe-t-il des dangers liés à l’utilisation de vernis à ongles ?
- Se vernir les ongles, une pratique dangereuse ?
- Zoom sur les ingrédients problématiques contenus dans les vernis à ongles
- Existe-t-il des vernis à ongles sans risques ?
- Sources
Se vernir les ongles, une pratique dangereuse ?
Qu'il s'agisse d'une occasion spéciale ou d'un simple plaisir quotidien, se vernir les ongles est un geste ancré dans les habitudes de nombreuses personnes. Pourtant, derrière ce geste anodin, se cachent plusieurs interrogations sur les risques que cela comporte pour la santé. En effet, entre l'inhalation de valeurs potentiellement toxiques, l'absorption cutanée de substances chimiques et les effets sur la structure des ongles, plusieurs questions méritent d'être abordées. Le premier problème posé par les vernis à ongles est leur fort potentiel allergique. En effet, il n'est pas rare pour les vernis à ongles de provoquer des rougeurs et des démangeaisons autour des ongles, voire sur d'autres parties du corps suite à un transfert accidentel, notamment chez les personnes ayant une peau atopique. Ces allergies sont particulièrement fréquentes avec les vernis semi-permanents.
De plus, si l'application de vernis à ongles embellit les ongles, elle peut aussi paradoxalement les fragiliser sur le long terme. Plusieurs facteurs contribuent à cet effet, notamment l'exposition chronique aux résines et aux plastifiants retrouvés dans les vernis, qui peuvent altérer la structure de la kératine des ongles. Les solvants, essentiels dans la formule d’un vernis à ongles pour assurer un séchage rapide, peuvent également altérer les lipides naturels de l’ongle en s’évaporant, ce qui le rend plus sec et cassant. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles il est conseillé de ne pas enchaîner les manucures et de faire des pauses.
Toutefois, le vrai danger posé par les vernis à ongles est l'inhalation de ses vapeurs. Dès l’ouverture d'un flacon, une odeur forte s’échappe, signe de la présence de composés organiques volatils. Il s'agit des solvants des vernis à ongles. Or, s'ils permettent aux vernis de sécher rapidement, en s'évaporant dans l'air, ils sont inhalés involontairement. Une exposition ponctuelle n'est pas forcément dangereuse, mais une inhalation répétée et prolongée peut être problématique. En effet, dans des environnements mal ventilés, les solvants volatils des vernis à ongles peuvent, entre autres, provoquer des irritations des voies respiratoires, des maux de tête et des vertiges, notamment en cas d’utilisation fréquente. Ces effets sont encore plus marqués pour les professionnels de l’esthétique, qui sont exposés quotidiennement aux émanations des vernis et des dissolvants, augmentant le risque de troubles respiratoires chroniques.
Une étude a évalué l'exposition des travailleurs des salons de manucure aux composés organiques volatils en utilisant cinq types de vernis à ongles parmi les plus populaires aux États-Unis. Le scénario simulé consistait à appliquer du vernis sur 32 ongles toutes les 15 minutes pendant une journée de travail de 8 heures, dans une chambre d'essai avec un débit d'air contrôlé. Les résultats ont révélé que les concentrations d'acétate de butyle (161-330 ppm) et d'acétate d'éthyle (440 ppm) dépassaient les seuils de sécurité (respectivement de150 ppm et 400 ppm). De plus, le formaldéhyde était présent à des concentrations variant de 0,12 à 0,22 ppm, au-dessus de la limite de 0,10 ppm. Cela souligne les risques d'exposition élevés à ces solvants volatils potentiellement dangereux dans les salons de manucure et montre la nécessité d'augmenter la ventilation et de sensibiliser les travailleurs aux dangers liés à ces produits.
L'utilisation ponctuelle de vernis à ongles dans un cadre domestique n'est pas dangereuse en soi mais une exposition prolongée dans un contexte professionnel soulève davantage de préoccupations.
Zoom sur les ingrédients problématiques contenus dans les vernis à ongles.
Les préoccupations soulevées par les vernis à ongles découlent des ingrédients utilisés pour les formuler. Voici un aperçu des molécules les plus courantes dans les vernis à ongles et leurs risques potentiels.
Acétone : L’acétone est l’un des solvants les plus utilisés dans les vernis à ongles, car elle permet de dissoudre rapidement la formule et favorise un séchage rapide. Cependant, l’acétone est hautement volatile et irritante pour la peau, les yeux et les voies respiratoires. Une exposition prolongée à ce solvant peut assécher l’ongle, provoquer des irritations cutanées et des effets neurotoxiques, comme des maux de tête, des vertiges et des nausées.
Toluène : Le toluène est un autre solvant fréquemment utilisé dans les vernis à ongles. Cependant, il présente des risques pour la santé. Il est considéré comme toxique pour le système nerveux central et peut entraîner des symptômes tels que des vertiges, des nausées et des maux de tête lorsqu’il est inhalé. De plus, il est suspecté d'être cancérigène et d'avoir des effets néfastes sur le développement fœtal et la fertilité.
Formaldéhyde : Le formaldéhyde est souvent utilisé dans les vernis pour renforcer la structure de l'ongle. Cependant, ce composé est classé comme comme "cancérogène possible pour l'Homme" en Europe et est considéré comme un potentiel perturbateur endocrinien.
Acétate de butyle : L'acétate de butyle est un solvant fréquemment ajouté aux vernis pour leur donner une texture fluide. Bien qu’il soit moins dangereux que l’acétone, il est tout de même irritant pour la peau et les voies respiratoires et peut lui aussi provoquer des maux de tête, des vertiges et des nausées lorsqu'il est inhalé à forte dose.
Phtalate de dibutyle (DBP) : Il s'agit d'un plastifiant utilisé pour rendre les vernis plus souples et flexibles. Cependant, ce composé est un perturbateur endocrinien dont l'exposition est liée à des troubles de la fertilité. Bien que de plus en plus de marques l'aient retiré de leurs formules, il reste encore présent dans certains produits.
Parabènes : Les parabènes sont des conservateurs potentiellement irritants et allergisants et suspectés d'être des perturbateurs endocriniens. On les retrouve dans de nombreux cosmétiques, y compris les vernis à ongles.
Camphre : Le camphre est un ingrédient utilisé dans certains vernis pour leur donner une texture souple. Bien qu’il soit relativement sûr à faibles doses, l'exposition prolongée au camphre peut causer des irritations des voies respiratoires, des maux de tête et des vertiges. À forte dose, le camphre est également considéré comme toxique pour le système nerveux.
Xylène : Le xylène est un solvant qui permet d’obtenir une consistance lisse et fluide dans les vernis à ongles. Cependant, il s'agit aussi d'un irritant pour la peau et les voies respiratoires. En cas d’exposition prolongée, le xylène peut entraîner des dégâts au foie, aux reins et au système nerveux central.
Styrène : Le styrène est utilisé dans certains vernis pour améliorer leur adhésion à l'ongle. Toutefois, depuis 2019, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) l'a classé dans le groupe 2A des agents probablement cancérigènes pour l'homme.
Colophane : La colophane est une résine naturelle parfois ajoutée aux vernis pour améliorer leur adhérence. Son inhalation est toutefois associée à la survenue de problèmes respiratoires.
Existe-t-il des vernis à ongles sans risques ?
Face aux préoccupations croissantes concernant les ingrédients présents dans les vernis à ongles, de plus en plus de marques se tournent vers des alternatives qui se veulent plus sûres et plus respectueuses de la santé. C'est notamment le cas de celles qui proposent des formulations dites "sans" (3-free, 5-free, 7-free, etc...). Les vernis à ongles "3-free" ne contiennent pas de toluène, de formaldéhyde ni de phtalate de dibutyle. Les produits "5-free" vont plus loin en excluant également l’acétone et le camphre, tandis que les formulations "7-free" et "10-free" écartent encore davantage d'ingrédients, comme l’acétate de butyle, le styrène ou encore les parabènes. Ces vernis sont souvent considérés comme des alternatives intéressantes pour les femmes enceintes.
Malgré les avantages de ces vernis, il est important de souligner qu'aucun vernis à ongles n'est totalement sans risque. En effet, les termes comme "3-free", "5-free" ou "7-free" ne reposent pas sur une norme universellement établie, ce qui rend difficile de garantir l'innocuité de ces produits. Cela a notamment été montré lors d'une étude menée en 2018 qui s'est intéressée à la composition de 40 vernis "sans" issus de 12 marques différentes. La figure ci-dessous illustre le manque d'homogénéité entre les différents vernis à ongles "free".

Si vous souhaitez vous assurer qu'un vernis à ongles ne contient pas telle ou telle substance, le seul moyen est de lire attentivement sa liste INCI.
Sources
CEBALLOS D. M. & al. Phthalate and Organophosphate Plasticizers in Nail Polish: Evaluation of Labels and Ingredients. Environmental Science & Technology (2018).
OH J. & al. Laboratory Estimation of Occupational Exposures to Volatile Organic Compounds During Nail Polish Application. Workplace Health & Safety (2019).
PAIVA LUZ P. & al. Nail Polishes: A Review on Composition, Presence of Toxic Components, and Inadequate Labeling. Dermatology, Research and Practice (2025).
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